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Aider son enfant

Réunions de parents
Le rôle des parents est très important dans le processus de sortie de la drogue :
Il est essentiel pour des parents ayant un enfant dans la drogue de rencontrer d’autres parents ayant eu à traverser les mêmes tempêtes. C’est essentiel pour faire les bons choix et adopter la bonne conduite face à son enfant qui se détruit.
C’est essentiel pour arrêter d’être naïf, de « se faire avoir » et d’être ainsi complices.
Les parents ont besoin d’être conseillés, soutenus, épaulés.
S’ils adoptent l’attitude juste ils aideront ainsi leur enfant à sortir de la drogue. Sinon, ils risquent, par fausse pitié, de ne pas être d’un vrai secours.

Les journées
A qui s’adressent ces rencontres parents ?
Ces groupes de rencontre s’adressent aux familles de jeunes toxicomanes :
qui sont chez nous,
qui sont encore dans la drogue

Pour quoi venir à de telles réunions ? Pour :
vous informer de ce que vit un jeune dans nos maisons,
vous expliquer la pédagogie mise en place dans les maisons,
vous conseiller sur l’attitude à tenir face à votre enfant : au cas où il veuille partir de la maison, ou s’il est encore dans la drogue alors qu’il vit chez vous parents, etc.,
vous accompagner, en vous soutenant dans vos souffrances et en vous faisant cheminer vers le pardon, vers des guérisons intérieures, si nécessaire, par rapport à votre propre histoire, etc

Comment se déroulent ces rencontres entre parents ?
Ce groupe est sous la responsabilité d’un parent nous connaissant bien. Nous commençons par un temps de prière, puis vient l’enseignement (il s’agit souvent d’un cours enregistré qui a été donné aux jeunes dans les maisons),
Enfin nous avons un temps de partage. Parfois d’anciens toxicomanes sont invités à titre de témoins.

Où ?
Dans votre région : Consultez le calendrier afin de connaître les dates des rencontres, et votre contact.

Les week-end :

Tous les ans nous nous retrouvons pour un week-end entier de réflexion, de partage, de connaissance mutuelle, de prière.
Ces week-end sont l’occasion d’aborder des thèmes de réflexion éducatives en lien avec la drogue, par exemple :
la relation parents/enfants,
l’importance de la parole,
la vie de couple,
les conséquences psychiatriques de la drogue,
les relations avec la hiérarchie, les relations entre jeunes,
Ces thèmes sont abordés par les équipes pédagogiques de St Jean Espérance ou par des intervenants extérieurs (psychiatre, thérapeute, éducateur, philosophe, etc.)

Témoignages
de Florence
d’une maman ayant participé à un week-end
d’une maman venue rendre visite à son enfant

Témoignage de Florence
Tout d'abord : merci de me demander ce témoignage sur notre week-end "Rencontre des Parents avec St Jean Espérance". Merci, car notre confiance en nous-mêmes, parents, est tellement ébranlée ou même ruinée !
Au fond de moi, j’ai été touchée et un peu apaisée de voir arriver des pères et des mères « comme moi » : aimant leur enfant de tout leur cœur, partageant la même douleur si profonde, la même inquiétude sur l’avenir et puis aussi les mêmes interrogations :
Qu’avons-nous fait, ou pas fait, pour en être là ?
Comment puis-je aider mon fils maintenant ?
Comment accepter cette « rupture familiale » ?
Les Frères me demandent d’accompagner mon enfant qui effectue un gros travail sur lui-même en adoptant une démarche similaire : Comment puis-je changer moi aussi ? … En profondeur ?
Bien sûr, il y a eu des rencontres privilégiées entre certains d’entre nous parents.
Moi, j’ai été touchée au cœur par une parole que m’a donnée une autre maman alors que nous étions tous rassemblés devant le Saint Sacrement : « Je prie pour que tu crois que le Seigneur peut, d’un mal, tirer un bien plus grand. »
J’ai été d’abord interloquée…mais entendu de quelqu’un qui vit la même « galère » que la mienne, j’ai reçu cela comme un cadeau que je me répète depuis, quand le doute ou la souffrance tentent de reprendre le dessus…
Une dernière chose : Je ne connaissais guère la Communauté Saint Jean. J’ai été surprise et étonnée de découvrir des jeunes, tant chez les Sœurs qui nous ont accueillis dans la gaieté et avec le sourire, que chez les Frères : Frère Ambroise et frère Benoît ont, à peu près, l’âge des frères et sœurs aînés de notre fils !
Me voici revenue chez moi, mais dans mon quotidien, un petit quelque chose a changé : mon mari, - qui n’avait pu m’accompagner pour des raisons de santé et à qui j’ai longuement relaté le week-end - et moi-même, nous sentons un peu moins «seuls» ! Des numéros de téléphone nouveaux dans notre carnet en témoignent.
Les visages des parents, des compagnons de notre fils demeurent dans ma mémoire, ainsi que ceux des accompagnateurs: le Directeur Pascal, Frère Ambroise, Sœur Agnès, et des bénévoles comme Guy et les autres…
…Et puis, il y a la prière qui nous unit tous et cela n’est pas rien !

Témoignage d’une maman
"Je suis repartie remplie de confiance et de force"

J'ai décidé de me rendre au week-end parents, car j'avais le sentiment que cela m'aiderait à mieux comprendre ce qu'est la toxicomanie et que cette démarche aiderait mon fils et moi-même à avancer sur le chemin de la Vie et de la reconstruction.
Je savais que d'autres parents et amis concernés par le sujet seraient présents, entre autres certains des parents que je rencontre tous les mois sur Paris et auprès desquels je trouve soutien et réconfort.
Je garderai un excellent souvenir de ces deux jours. Je suis repartie remplie de confiance et de force avec au fond de mon cœur une petite lumière qui brille et me permet de croire au bonheur simple, à l'amour et de cheminer doucement en vérité sous le regard de Marie notre mère de miséricorde.

Témoignage d’une maman venue rendre visite à son enfant
« Mon fils était perdu et je l’ai retrouvé ! »

« Je suis arrivée aux Besses avec son petit frère qui est aussi son filleul. Accueillie à bras ouverts, je me sentais dans un autre monde ; ambiance de paix, de sérénité. Quand j’ai vu mon fils, j’ai eu du mal à le reconnaître, il a bonne mine, de bonnes couleurs et puis il a acquis une maturité qu’il n’avait pas, avant. Et ses yeux, pleins d’amour, avec un regard bien franc, brillant de joie quand il a vu son petit frère.
Et il m’avait préparé une jolie chambre, il avait pris soin de bien balayer l’hôtellerie et de me faire un joli bouquet à la tête de mon lit.
Il avait fait cela pour moi !!
Aux Besses, la vie est rythmée, il y a un temps pour chaque chose ; et chaque chose doit être bien faite, jusqu’au bout. J’ai tout visité : la ferme, le jardin où j’ai fait du désherbage tout l’après-midi en compagnie de mes fils ; ils ont même réussi à convaincre mon petit d’arracher les salades ; il y avait longtemps que je n’avais pas ri d’aussi bon cœur ! L’ambiance était si bonne que je n’ai pas vu le temps passer!
Mais après le travail, il y a le temps du réconfort : pause goûter ! Tous regroupés autour de la table du salon, les échanges sont joyeux. Je retrouvais ce fils qui s’était égaré, cette joie que l’on avait perdue dans la tempête.
Après la journée de travail est venu le temps de la prière, les frères et les jeunes se sont tous retrouvés dans la petite chapelle, l’ambiance y est douce, presque tendre. Mon jeune fils se sentait bien, en sécurité entre son frère et moi et frère Ambroise. J’ai senti qu’il était guidé sur le chemin de la prière au cours de ce chapelet vécu ensemble.
Le soir après le dîner, j’ai pu partager un temps avec mes garçons, voir les photos de sa vie aux Besses.
Epuisée, je me suis endormie facilement après la séparation à 22h00.
Je voulais vivre pleinement ce temps avec mon fils alors j’ai voulu participer au chapelet ! Le matin à 7H00, c’est super de voir le jour se lever, en marchant tous ensemble.
Si vous voulez accompagner votre fils dans la prière et vous sentir près de lui, faites le chapelet quand vous le pouvez à 6H45 de votre côté ; depuis cette visite, j’essaye de prier le chapelet en même temps que mon fils qui, spirituellement, est près de moi.
Il fallait au moment du petit déjeuner, me préparer à partir, j’aurais voulu que les minutes s’allongent, mais aux Besses, comme dans toutes les maisons, l’heure c’est l’heure !
Au moment de partir, j’ai senti que je pouvais faire confiance à mon fils, que son travail sur lui-même, s’il avait été dur, très dur l’avait transformé, l’avait grandi. Quelle fierté !!
Alors, j’ai juste envie de vous dire, qu’il faut prier avec nos enfants ; qu’il ne faut pas hésiter à aller partager la douleur qui est la notre. Les personnes qui n’ont pas d’enfants toxicomanes ne peuvent pas savoir ce que nous vivons. Alors il faut rejoindre les groupes de parents ou l’on peut échanger, prier, se sentir soutenus.« Mon fils était perdu et je l’ai retrouvé ! »



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