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Le canabis, drogue lente
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Approche philosophique
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La substitution
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Pourquoi fume-t-on ?

Nombreuses et complexes, nous pouvons cependant essayer de discerner les raisons essentielles qui poussent un jeune à fumer du cannabis :

Goûter un plaisir enivrant, oublier dans cet instant de jouissance les problèmes de la vie et penser les résoudre ainsi…S’intégrer à un groupe de copains, se désinhiber et être capable d’aller vers les autres, être intéressant et recherché, et d’autres encore !

Tout cela tourne autour de la question de la relation à l’autre, de l’amitié, du bonheur d’être aimé et reconnu.

Ce qui semble intéresser le jeune dans le cannabis, c’est qu’il pense que cela va l’aider à aller vers les autres, à aimer et à être aimé et ainsi à être heureux. Il y est spécialement sensible lorsqu’il expérimente dans son cœur ce vide qu’on pourrait appeler un « vide affectif » : ce besoin d’être reconnu, d’être aimé. « Quand tu fumes du shit c’est que tu recherches: quelque chose que tu as perdu dans ta vie ; et tu te dis que peut-être cela comblera ce vide » (témoignage de Julien).

Alors telle est la question centrale : le cannabis permet-il de combler ce vide affectif ? Aide-t-il à se tourner vers les autres, à s’ouvrir, à nouer de vraies amitiés ?

Nous essayons d’apporter une réponse différente :

Face à ce vide affectif, qui vient d’un manque d’amour ou, plus grave, d’un rejet par exemple de ses parents, l’individu réagit de manières très diverses : haine, violence contre les autres ou contre soi, activisme, sexualité désordonnée, dépression, angoisse, colère, fuite dans les jeux vidéos, la lecture, les études, etc. Ce sont autant de mécanismes mis en place pour fuir ce vide, éviter de trop le regarder, et s’en défendre.

La drogue, le cannabis font partie de cette panoplie d’autodéfense. On fume pour cacher ou combler son vide, ce manque d’amour. Le cannabis semble être un excellent moyen de fuir ce vide et de le remplir de manière durable.

Tout d’abord il installe l’individu dans un état second, un état de détente corporelle, qui lui fait oublier ses soucis, ses insatisfactions, ses échecs, ses colères, etc. Bref, le jeune est comme béat ! Plus de tension, plus d’impression de vide, de désirs insatiables. Il se perche sur son nuage rose, et là-haut tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette impression, non seulement est une excellente fuite face à tous les problèmes intérieurs à la personne, mais aussi est un plaisir enivrant qui semble remplir tout le cœur et tout le corps. Plus de vide ! Du moins momentanément, le temps que ce plaisir dure.

Mais il ne dure pas dans le temps (comme tout plaisir) et la redescente est plutôt désagréable. De plus il s’émousse : avec le temps l’individu s’y habitue et sa dose de cannabis ne lui fait plus rien (phénomène de l’accoutumance).

Enfin le cannabis, grâce à son effet désinhibant, aide l’individu timide et complexé, -comme le sont la plupart des adolescents- à sortir de lui-même et à aller vers les autres. Il aide aussi à intégrer un groupe, provoque fous rires entre copains, permet de passer de bonnes soirées entre potes, met une ambiance sympathique, rassemble les uns et les autres autour d’une passion commune. Bref, le cannabis semble permettre d’avoir beaucoup d’amis. Et l’amitié n’est-elle pas le meilleur moyen de combler le vide de son cœur ?

En fait, le « shit », c’est terrible, parce qu’il cache tout ! Sous son effet, je ne livre rien du tout. Je me coupe au contraire des autres. Je suis livré à moi-même, à mes rêves, mes fantasmes. Je ris de tout et de rien, je me fiche de tout. Et finalement je ne m’intéresse plus à rien, ni à moi, ni à l’autre. A partir de là je peux me rendre compte que le cannabis non seulement ne peut m’aider à nouer de vraies relations et donc à remplir mon cœur, mais pourrait même le vider encore davantage en me repliant sur moi-même. Il m’enferme dans ma solitude et mon incapacité à me dire, à m’exprimer.

 

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