Cannabis et intelligence
Le cannabis est terrible pour l’intelligence,
et dès le premier joint ! Parce qu’il fait tout
de suite décoller.
Il installe dans une espèce de nuage. La vie devient rose.
Je deviens cool. Je me sens mieux dans mes baskets. Je peux plus
facilement aller vers les autres. Bref, je suis sur mon petit
nuage et je vois la vie en rose. Je ne rejoins plus le réel,
mon intelligence y adhère moins. Je le connais non pas
tel qu’il est, mais à travers une émotion,
celle que le cannabis me procure. Le cannabis coupe mon
intelligence du réel aussi parce qu’il développe
une totale indifférence pour les autres et le monde extérieur.
Mon petit monde, mon petit nuage est bien plus intéressant
que le monde réel. Je n’ai plus d’intérêt
à rien d’autre qu’à mon joint. C’est
l’attitude « bof-bof » qui fait que
je n’interroge plus : en effet l’intelligence
interroge si elle est étonnée, si elle est curieuse,
intriguée et qu’elle a envie de connaître.
Si je ne désire pas connaître ce qui est, eh bien !,
je ne vais pas le connaître. Si je ne désire pas
être présent, si je préfère m’évader
dans l’imaginaire, il devient de plus en plus difficile
d’adhérer à ce qui est. Le cannabis coupe
cette curiosité de l’intelligence et l’enferme
dans l’imaginaire en la coupant des sens. Je m’y sens
bien, en paix : je n’ai même plus le désir
d’en sortir. Plus j’y suis enfermé, plus j’y
reste, je ronronne. C’est terrible : le cannabis empêche
mon intelligence d’adhérer au réel, donc d’être
elle-même, de vivre !
Le cannabis affaiblit donc l’intelligence comme telle, puisqu’elle
l’empêche de s’exercer dans ce contact avec
le réel. Et du coup je ne peux plus être vrai. C’est
le mélange. Et je commence à raconter des tas d’histoires,
que je finis par croire. Je m’enfonce dans le mensonge…
Je peux continuer de raisonner, de faire des maths, et
d’être bon à l’école, puisque
les maths, l’école, cela repose surtout sur la capacité
de l’intelligence à raisonner, et non sur sa capacité
à être vraie.
Le cannabis entrave l’intelligence dans sa connaissance
du réel, dans sa capacité à être vraie.
De là à dire qu’il est un obstacle pour nouer
de vraies relations, il n’y a pas loin. Mais nous ne voudrions
pas conclure hâtivement sans avoir analysé la question
dans son ensemble. Pour cela il nous paraît nécessaire
de continuer de creuser le problème de la vérité
dans les relations humaines en abordant le problème de
la maturité affective.