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Le canabis, drogue lente
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La substitution
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Cannabis et vérité de l’amitié

Le cannabis donne l’illusion de vivre une véritable amitié…une telle complicité…un tel échange !

En effet, il restreint la relation au niveau du plaisir : nous fumons ensemble notre « pet », nous avons ensemble notre petit plaisir, nous passons une soirée cool, nous rigolons bien, c’est sympa.

Mais l’autre, qui est-il ??? Alors là je m’en fiche pas mal. Je n’ai pas découvert l’autre, j’ai vécu pour moi, pour ma gueule. Et cela ne peut me conduire au bout de quelques années qu’à me rendre compte que je suis vide et seul à l’intérieur !

Le cannabis situe aussi la relation au niveau de l’intérêt : je fréquente untel car il a du bon « matos » ; il en a toujours sur lui, avec lui on est sûr de passer une bonne soirée car il en distribuera à tout le monde, etc.
Bref, tout finit par tourner autour du cannabis et je ne sais plus vraiment si l’autre m’aime vraiment. Ou bien s’il m’aime parce que je viens toujours avec de la bonne herbe. C’est très angoissant, si on y regarde de près.
Je ne sais plus si je suis aimé, si j’ai de la valeur aux yeux de quelqu’un, si je compte pour quelqu’un… Alors je me réfugie encore plus dans le cannabis et c’est le cercle vicieux.

Telle est la véritable escalade : l’escalade dans la solitude, la chute en spirale dans un enfermement toujours plus angoissant. Et même si je pense gérer, même si je pense que je suis un gars bien parce que je ne touche pas à d’autres produits réputés plus dangereux, et bien je me mens à moi-même. Car je suis en train de tuer mon intelligence, de vivre uniquement de mes émotions, et finalement de tuer mon cœur et de sombrer dans une solitude et un vide intérieur qui peut me conduire à la folie, au suicide, à l’angoisse, à la déprime.

C’est terrible… Après avoir cru naïvement que le cannabis me permettait de créer des liens, en me désinhibant, en m’aidant à faire rire tout le monde, en m’intégrant à un groupe ou à une bande, en me donnant une identité de rêveur ou d’artiste, me voilà enfermé en moi-même : terrible supplice. Ces premières joies n’étaient-elles donc qu’illusoires ? Ce paradis n’était-il donc qu’artificiel ? Quelle hypocrisie ! Quelle farce ! Quel mensonge ! Et me voilà en enfer. L’enfer, c’est soi-même pour soi-même. Et du paradis artificiel à l’enfer-me-ment cela peut aller très vite, et aucun fumeur de joint ne peut s’en dire protégé.

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