Une collection légitime

La collection naît d'une exigence, celle de réunir, de rassembler et de partager une passion, dans notre cas la passion de l'image fixe et mécanique : la photographie. Parmi toutes les raisons de collectionner la photographie, l'ARDI a fait un choix exigeant d'auteurs et de collectionneurs ayant pour origine la Basse-Normandie, remarquable creuset pour l'histoire de l'art.

Au début du XIXe siècle, Arcisse de Caumont, homme de lettre caennais, agissant avec la même volonté que Prosper Mérimée et Victor Hugo, a eu un rôle décisif dans la prise en compte d'une notion nouvelle, celle de Monument Historique. Son approche de la conservation du patrimoine s'appuyait sur les connaissances scientifiques des érudits locaux.

De manière concomitante, la photographie fait ses débuts à Paris lors de la divulgation de son procédé en août 1839.

Nos recherches ont démontré l'intensité de l'activité photographique en Normandie dès cette période initiale.

Ces investigations conduisent l'Ardi à côtoyer des collectionneurs, les familles des pionniers et la Société Française de Photographie dont les fondateurs, en 1851, comptaient F. Tillard de Bayeux, A. de Brébisson de Falaise et A. Humbert de Molard de Lisieux.

L'idée de collection s'est imposée à nous par le travail de recherche et aujourd'hui le constat s'impose, l'ARDI conserve un fonds de tirages et de négatifs de dimension muséale. Des donations et des achats ciblés sont venus à point nommé soutenir nos travaux sur l'histoire de la photographie et de ce fait, enrichir un fonds au service d'un discours.

En installant début 2005 un «comité de pilotage de la collection» l'association rend cette collection vivante en région, et met en lumière les conditions de production et d'invention de l'image depuis l'avènement de son automatisation. L'ARDI contribue à donner une juste place à la photographie dans l'histoire de l'art et dans notre patrimoine local.

Gilles Boussard