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Totems de couleur, ardoises peintes,
collages à l'aide de bouts de papier peints, lettres disertes
et dessins frénétiques, Gaston Chaissac s'expose du 31
octobre au 31 janvier 2010 au musée de Grenoble.
Vivant dans un village isolé de
Vendée, Chaissac (1910-1964), cordonnier ou bourrelier à
l'occasion développa rapidement une vision et un vocabulaire
visuel unique. Ses premières oeuvres apparaissent comme des
images simples, presque enfantines, qui, par la suite gagnèrent
en complexité. Il peignait souvent des formes aux larges
surfaces de couleurs contrastées, cernées de noir et
travaillait sur n'importe quelle surface trouvée par hasard :
pierres, paniers, racines... Ses "totems", assemblages de
morceaux de bois grossiers, récupérés et peints,
appartiennent plutôt à sa dernière période.
L'artiste autodidacte le plus influent
du xxème siècle, peintre "rustique moderne"
ou "Picasso en sabots"comme il aimait se qualifier, cet
"innocent conscient de son innocence" (Roger Cardinal,
outsider art) entretenait une importante correspondance avec les
cercles artistiques de son époque. Cette "littérature
prolétarienne" est d'ailleurs largement représentée
dans cette exposition de deux cents pièces dont de nombreux
inédits.
Laissons à Dubuffet (qu'il a
largement influencé) la polémique de savoir si Gaston
Chaissac fait ou non partie des tenants de l'art brut, mais laissons
nous porter par l'oeuvre de ce "poète rustique et peintre
moderne" comme l'appelle Guy Tossato, commissaire de
l'exposition.
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