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 Camino 999 

 

En mars dernier  paraissait  en librairie "Camino 999", roman de Catherine Fradier, publié dans la collection de polars "Lunes Blafardes". C’est une fiction. Carla Montalban, chef de groupe de la Brigade criminelle de Lyon, enquête sur des meurtres qui semblent impliquer sa propre famille, étroitement liée à l’Opus Dei. Ses investigations vont la conduire au cœur de l’affaire Matesa, le scandale politico-financier espagnol qui éclaboussa les Giscard d’Estaing dans les années 70, au temps des Républicains Indépendants et de l’assassinat du député Jean de Broglie.

Le 31 mai 2007, L’Opus Dei, représentée par son avocat Alexandre Varaut, intente un procès à l’éditeur du livre, Jean-Jacques Reboux, en qualité d’auteur principal et son auteure, Catherine Fradier, en qualité de complice, pour diffamation à l’encontre de l’Opus Dei et réclame 30.000 euros de dommages et intérêts, 5.000 euros de frais de justice, ainsi que la publication à ses frais d’un communiqué, dans un journal choisi par le plaignant, dans la limite de 15.000 euros. 

L’Opus Dei reproche de faire référence dans le titre "Camino 999", à l’oeuvre de José-Maria Escriva El Camino, composée de 999 maximes spirituelles et de porter ainsi atteinte à l’honneur et à la considération de la Prélature de l’Opus Dei en mêlant étroitement la fiction et la réalité, le vrai et le faux, sans avertir le lecteur sur la distance qu’il conviendrait de prendre quant aux faits énoncés et sans jamais l’inviter à faire la différence entre fiction et réalité. 

Pour l’auteur de "Camino 999", "ce n’est pas anodin : "ils s’en prennent à nous parce qu’on est un 'petit éditeur', ils espèrent nous faire plier facilement afin que la jurisprudence ainsi obtenue puisse s’appliquer aux grosses machines et aux grosses productions. On ne m’enlèvera pas de l’idée que cette puissante organisation nous a choisis, nous, parce que nous sommes des "petits". Après la Lune , petite maison d’édition. Catherine Fradier, un auteur qui n’a pas la notoriété d’une Vargas ou d’un Daëninckx. Nous sommes des cibles faciles, avec des moyens de défense très limités et si nous perdons le procès, cela fera jurisprudence, et plus aucun auteur ne pourra écrire une fiction impliquant cette organisation.." Cela  remet en question tout mon travail. Je travaille actuellement sur les multinationales des pesticides et des OGM.  Je remonte à l’agent orange qui a été massivement répandu sur tout le territoire vietnamien dans les années 1960. Je vais citer les multinationales qui ont fabriqué cet agent. Je vais mêler la fiction à la réalité. Dois-je m’attendre à ce que Monsanto m’assigne devant le TGI de Paris pour diffamation ? Je me pose sérieusement la question." 

Cette maison d’édition a décidé de faire appel à la générosité de toutes et tous en lançant une souscription de soutien www.apreslalune.com. Un conseil pour votre plaisir acheter ce roman... Mais attention: dès la première page le lecteur a du mal à interrompre sa lecture, il est vite passionné.... Lolita