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 Ma Mondialisation  

 

 

Décor : la vallée de l’Arve en Haute-Savoie fleuron de l’industrie française (on sort des clichés sur les "régions sinistrées" ou les "industries en crise) 500 entreprises et 12 000 salariés travaillent pour fournir en pièces de mécanique de précision (industrie que l'on appelle le "décolletage") les géants de l’automobile, de l’aérospatiale ou du secteur médical. Victimes de leur succès, toutes les plus grosses entreprises de la vallée ont déjà été rachetées par des sociétés financières et fonds de pension. En suivant le chef d’entreprise Yves Bontaz , et ses employés (directeur, ouvrier,  syndicaliste) dans ses usines savoyardes, tchèques ou chinoises  le réalisateur Gilles Perret va dévoiler méthodiquement les mécanismes implacables de la mondialisation.

"On a l'habitude d'entendre syndicalistes et ouvriers s'exprimer sur les inquiétudes nées de la mondialisation, mais jamais les patrons", fait remarquer le réalisateur. "Je crois que l'originalité du film est de donner à écouter leurs arguments, qu'on les juge recevables ou non. Ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils ne sont plus très à l'aise dans ce monde-là, c'est qu'ils sont en passe de se faire rattraper par un modèle économique qu'ils ont, pendant de nombreuses années, largement soutenu (...) aujourd'hui ils en sont victimes, parce qu'à ce jeu ils ont trouvé plus forts qu'eux "

Patron qui délocalise une partie de son activité en Chine et en République tchèque, non pour des raisons économiques mais sous la pression de clients résolument mondialistes. "Fort en gueule, hâbleur et sympathique, Yves Bontaz fait partie de ces patrons conservateurs et paternalistes, aujourd’hui rattrapés par le système qui les fit autrefois prospérer. Patrons bonhommes qui, autour d’une fondue savoyarde, discutent charges sociales, bien trop élevées, et Code du travail, à supprimer... "

Fonds de pension, délocalisation, mondialisation font désormais partie de notre langage quotidien, mais demeurent des notions abstraites, souvent angoissantes. A travers le regard plutôt "atypique" d'un chef d'entreprise en Haute-Savoie, le film raconte cette phase récente du capitalisme dominé par des mécanismes financiers "globaux" et implacables.

Six mois après le tournage, le directeur industriel qui témoigne dans le film a été licencié par le groupe Autocam, qui a par ailleurs annoncé en juillet 2006 un nouveau plan social de 140 personnes. D'autre part, après le passage de l'équipe du film, les ouvriers chinois de Bontaz ont vu leur salaire augmenter. Enfin, si la mairie de Cluses, capitale mondiale du décolletage, a interdit les projections de Ma mondialisation.

FB  

 

Dans le cadre du cycle « Autres regards »

 Ma Mondialisation Un film de Gilles Perret 

Jeudi 25 janvier à 19h30 MJC Montplaisir, 

Débat avec le réalisateur (Gilles Perret) ainsi que Jean Luc Cipière (Formation et Action Citoyenne),

 extrait du film