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déja paru
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Grève de la faim
En
tant qu’universitaire, je me dois tout particulièrement de résister à
l’injustice là où je travaille, dans l’Éducation nationale. En tant que
sociologue de l’individualisme moderne, attentif aux attentes et aux
blessures des individualités contemporaines face au poids des dominations, je
suis particulièrement sensible au caractère exemplaire de la protestation de
Roland. En tant que militant altermondialiste, je suis partie-prenante des
nouvelles luttes qui s’inventent à la croisée de l’individuel et du
collectif. J’avais déjà accompagné en octobre 2002 à Tunis la grève de
la faim du démocrate altermondialiste Sadri Khiari, victime de la répression
du régime militaire de Ben Ali, avant d’être arrêté et expulsé au bout
de trois jours (voir samizdat.net). Prendre
au sérieux la question de l’individu, et la réévaluation de sa place
dans les combats collectifs, suppose alors de payer de sa personne. Dans le
cas de Roland, on a une situation flagrante où le pouvoir arbitraire d’une
administration sur les individus rejoint le nivellement marchand des
individus, où la bureaucratie et le néolibéralisme se soutiennent l’une
l’autre, où la dignité d’un individu et un principe collectif (le droit
de grève) sont également en jeu. Cela rend d’autant plus urgent
l’exploration libertaire d’une émancipation indissociablement
individuelle et collective contre tout à la fois les oppressions
bureaucratiques et la tyrannie du marché-roi. Et cela nous montre que s’il
faut impérativement défendre les services publics contre la dérégulation néolibérale,
il faut défendre d’autres services publics, transformés, en particulier
plus respectueux des individus, travailleurs et usagers. L’État
des Chirac-Sarkozy-de Robien crache à la figure des individus concrets comme
Roland, en faisant mine d’assurer la promotion néolibérale d’un «individu»
abstrait. Le futur éventuel État de Ségolène Royal se tait pour
l’instant face à ce déni de justice. Demeurent les résistances citoyennes
pour lesquelles l’entêtement de Roland est un stimulant. N’hésitons pas
à lancer une fois de plus un «Ya Basta !» néo-zapatiste face au
conservatisme des Puissants de papier qui prétendent gouverner nos vies."
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