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"Faire disparaître ses excréments sous de la sciure de bois plutôt que de les évacuer par une chasse d'eau est un acte politique fort. Qui s'en doutait ? Personne. Pourtant, cette assertion farfelue est bien plus intéressante qu'elle n'en a l'air. "Je m'occupe de ma merde moi-même, dit l'un des protagonistes de Volem rien foutre al païs, je ne paye personne pour la nettoyer."Procédé archaïque remis au goût du jour par des esprits libertaires désireux de s'émanciper de la logique consumériste et du salariat, les toilettes sèches sont le moyen de ne plus recevoir de facture des multinationales qui contrôlent l'eau.A partir de là, tout devient possible : produire ses propres fruits et légumes, stocker de l'énergie solaire dans son jardin, réparer sa maison avec des matériaux de récupération, fabriquer une pompe qui puise dans la rivière pour le reste des besoins en eau, et éventuellement utiliser l'argent du RMI pour colmater tout cela." Isabelle Régnier --

Ce documentaire collectif ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit ; il se contente, de poser des questions et d’inciter à la réflexion. A ceux qui disent il faut travailler plus, il répond simplement "travailler pourquoi (pour quoi) ?" Après avoir réalisé  "Attention, danger travail", où ils s’intéressaient à des cas individuels de désertion du marché du travail, Pierre Carles, Stéphane Goxe et Christophe Coello se penchent dans Volem rien foutre al païs sur des expériences  de remise en cause du travail. 

 

Un aspect réjouissant du film  réside dans son esthétique volontairement brouillon, iconoclaste, inventive. Il ne s’agit pas d’un documentaire démonstratif, déroulant le fil d’une thèse. Dans Volem rien foutre, ça passe du coq à l’âne, chaque question incitant à la réflexion. Les témoignage des militants de la paresse et des insoumis au travail sont entrecoupés de documents d’archives. Ça commence très fort par une interview de Pompidou en 1967 qui nous met dans le bain : « le libéralisme, c’est le "risque permanent", une concurrence féroce, un marché du travail hostile, … ». Plus loin, c’est un discours de Sarkozy qui dit qu’il faut travailler plus. 

Si "travaillez plus" s'est affiché comme le leitmotiv de la campagne électorale de la  droite. Dommage que l'on est pas plus entendu les réponses de la résistance face à la pensée travail qui "n'a que 2850 ans", soit quelques 4 millions d'années en moins que l'Homme après tout. Lolita

 

Cifa Saint Denis   Volem rien foutre el pais mercredi 20 juin 20h30 + débat