Jouer au rugby féminin, c’est faire parler les curieux
"Jouer au rugby féminin, c’est faire parler les curieux.Jusqu’à présent vos amis, vos collègues, vos camarades, vous voyaient comme une jeune femme sage, jolie, souriante, prévenante, peut-être un peu timide, sérieuse mais drôle, une jeune femme normale.
Et puis, un jour, au détour d’une discussion, vous annoncez avec fierté, voir avec prétention, que vous jouez au rugby, oui dans une vraie équipe avec des vrais matchs le dimanche après-midi, un vrai entraîneur et même parfois des supporters. Ah oui ! Avec même un ballon.
Et c’est à ce moment précis qu’arrive, l’inévitable question, l’imparable question. La question incontournable : « Mais, le rugby, c’est pas trop violent ? ».
Et là, devant la tête médusée de votre interlocuteur, vous bafouillez un « non pas trop, pas vraiment…tu sais on est entre filles… et puis bon…».
Parce que ce que vous n’osez pas lui dire à lui, c’est que c’est précisément ça que vous aimez, que vous recherchez, c’est l’adrénaline d’avant match, les cris de rage serrées les unes contre les autres, les regards de défis lancés à l’adversaire, et puis ensuite, c’est la rage de vaincre, le désir absolu de voir la fille d’en face chuter, brisée, perdue, de la faire tomber dans la boue et de sortir victorieuse de ce duel, c’est aussi d’arracher des ballons de ses mains, de franchir, de dépasser la muraille dans laquelle elle avait tentée de vous enfermer, et puis c’est sortir de ce match épuisée, lessivée, moulue de coups…C’est cette immense fatigue que vous adorez.
Mais ça on ne lui dira pas à notre interlocuteur inquiet, on le gardera pour nous, pour les après-midi du dimanche entre filles bavardes, gourmandes et drôles, amoureuses et coquettes…"
"Jouer au rugby féminin, c’est briser les tabous.
Au rugby, les filles ont le droit. Elles peuvent arriver avec des vêtements déchirés qui puent, des trucs trop larges, avec des couleurs qui ne s’accordent pas. Elles sont pratiquement toujours décoiffées avec le maquillage qui dégouline. Elles rotent, jurent, draguent, boivent de la bière et chantent des chansons paillardes. Elles rigolent fort, se roulent dans la boue et se foutent du reste du monde. Elles mettent les hommes à genoux et lisent le Midol.
Au rugby, les filles discutent mecs et chiffons après l’entraînement. Elles réquisitionnent l’unique vestiaire du club avec un miroir. Elle se donnent des conseils maquillage et se passent crèmes de jour et soin du visage. Elles font de délicieux gâteaux, mousse au chocolat et cookies. Elles se prennent en photo. Elles racontent des ragots et des potins sur les uns et sur les autres. Elles matent aussi allègrement.
Au rugby, les filles jouent. Elles font des môles, des touches et des mêlées, des placages, des croisées et des coups de pieds. Elles arrivent lancées et se rentrent dedans. Elles construisent leur jeu pas à pas, et animent leur équipe. Elles courent de partout, foncent dans les intervalles pour marquer des essais entre les poteaux. Elles font même des cadrages débordements. Elles font tourner et virevolter cette balle de forme ovale si difficile à dompter mais si formidable par moment. "


4 Comments:
Si vous lisiez vraiment le Midol, vous écririez "MAUL" pour la mêlée ouverte....
Cécilus = Crétinus....
au lieu de commenter l'inutile tu ferais mieux de commenter le style engagé et passionné.
Mais es tu capable d'écrire aussi bien?!?
moi perso j'ai adoré comme le match de dimanche...
kiki
Cecilius: Etymologie : du latin caecus, « aveugle »....
NO COMMENT
En même temps, on s'en fou de lire ou non le midol, qui de toute façon est loin de faire de la prose!!!!
Ce qui est sur c'est que nous sommes des filles et que nous prenons du plaisir à jouer au rugby, surtout lors de match comme celui du 19 octobre!
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