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Andromaque de Jean Racine
mise en scène de
Francis Azéma
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Désir,
vengeance, meurtre,
chantage, soumission, manipulation...
Les passions torturées de Pyrrhus, Andromaque,
Hermione et Oreste sur les ruines de Troie.
Les vers de Racine dans toute leur pureté,
dans un décor post-apocalyptique.
Création des Vagabonds,
Mise en scène par Francis Azéma,
avec Corinne Mariotto, Sylvie Maury, Francis Azéma,
Jean-Baptiste Azéma, Grégory Bourut, Marine
Collet,
Lise Laffont et Jean-Pierre Rouane.
Scénographie de Linda Ouchet,
Lumière de Didier Borie,
Musique de Loïc Schild,
Costumes de Sabine Bandeira,
Maquillages et postiches de Marjorie Gandolphe.
Communication : Patricia Tastet assistée d’Elsa
Mercadier
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On
connaît le talent de Francis Azéma pour
éclairer de
sa sensibilité l’humanité de ses
personnages. Sous
cet angle, la complexité de Pyrrhus apparaît tout
entière. Il n’a plus le goût du pouvoir,
ses
oripeaux, ses fastes, la guerre. Il n’est plus
qu’obsession
d’Andromaque… Par un jeu
dépouillé et un
geste économe, un Pyrrhus intime nous est donné
qui nous
ressemble et qui se cherche, surpris, rageur devant les
désordres de l’amour. Francis Azéma
fait
résonner longtemps les mots en les détachant
nettement,
et l’on est surpris d’entendre
l’alexandrin ainsi
rythmé sans ronronner. Corinne Mariotto, raidie dans son
manteau
de larmes, règle le lamento d’Andromaque sur le
vibrato si
particulier de sa voix. Entre émotion et admiration, le
spectateur est séduit, comme aussi par Sylvie Maury : son
corps
épouse le décor, joue avec lui mieux que
quiconque, boule
de nerfs marquée au fer rouge, jetée dans ce huis
clos
sanglant. Les volumes suggèrent un espace
carcéral, des
échappatoires interdites, la prison du désir.
Nombreux
dans la salle, les jeunes spectateurs ont applaudi à tout
rompre
celui qui parle au bord des lèvres, en cœur
à
cœur et confident de leurs émois. Racine enfin
nous est
rendu, sans la poussière de l’école, si
proche de
nous en ses beaux vers, sensible, humain.
Marie
Hélène Roques, Echos de Rangueil
photos
de la création : Patrick Moll
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