![]() |
|||
|
|
Derniers remords avant
l'oubli
de Jean-Luc Lagarde mise en scène de Francis Azéma © Editions Les
Solitaires Intempestifs
![]() Le franc succès obtenu par la première pièce, "Derniers remords avant l'oubli", témoigne déjà de la nécessité qu'il y avait à tenter l'aventure. D'autant que, si gageure il y a, elle ne cesse de nous ramener à ce que nous avons la faiblesse de considérer comme l'essentiel. A savoir : un texte, et quel texte ! Des acteurs; tous parfaits, sans exception. Et une mise en scène dont l'élégante simplicité nous invite à une connivence apaisée, que les tumultueuses créations récentes nous avaient un peu fait oublier. Cela dit, "Derniers remords avant l'oubli" est tout le contraire d'une bluette. De l'amère dérision qui émane des rapports plus qu'ambigus entre les couples, à la médiocre et souriante veulerie des retours au fade quotidien, de la mort des illusions à l'âpre égoïsme qui entoure les questions d'argent, cette comédie pessimiste dresse un tableau rien moins que réjouissant de la société des hommes. Le personnage de Lise, l'adolescente, est là pour juger, du haut de sa pureté intacte, le méprisable spectacle d'adultes qui tentent, vainement, de l'intégrer à leur triste monde. Pourtant, la dérangeante maturité de son regard sur les humains ne fait pas de Jean-Luc Lagarce un homme déjà vieux. Son théâtre est "créateur d'affrontements". Et s'il évite la "fausse insolence", il conserve, "au milieu des défaites", la légère et nécessaire ironie de la victoire". Gilbert Baqué - dans Nouvelles 31, mars 2oo5
![]() "Hélène,
Pierre et Paul vivaient ensemble. Ce qui les lie encore ? La fermette
qu'ils avaient achetée du temps où ils croyaient possible
la vie en communauté. Vingt ans plus tard, ils se retrouvent
là. […] Des remords ? Peut-être bien. Ont-ils
vraiment grandi ? Peut-être pas vraiment. Entre cynisme, vindicte
et indifférence feinte émergent peu à peu les
remords jusque-là inavouables, une dernière fois avant la
fuite. Une fuite que Francis Azéma met remarquablement en
scène, soutenu dans son travail par la compagnie "les
vagabonds". C'est drôle et tragique à la fois. On rit, on
se désespère de leur entêtement, on est ému.
La rencontre entre les mots de Jean-Luc Lagarce et la troupe s'est
faite."
Florence Guilhem - dans La Voix du Midi, 3 mars 2oo5
haut de page |
||