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Adieu Monsieur Tchekov
de
Céline Monsarrat
mise en scène de
Francis Azéma

Anton Tchekhov :
Francis Azéma
Marie Tchekhov :
Corinne Mariotto
Maxime Gorki :
Grégory Bourut
Ivan Bounine :
Guillaume Destrem
Olga Knipper :
Sylvie Maury
Merci à
Marine Collet.
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«Dans
l’esprit de beaucoup de gens, le théâtre
de Tchekhov
est avant tout un théâtre
d’états
d’âme, ce qui est souvent synonyme de langueur et
d’ennui. Pour moi, il relève surtout
d’une
intensité dramatique exceptionnelle. Les
côtés
excessifs de ses personnages rappellent les outrances des
caractères méridionaux. Il a su mêler
le rire et
les larmes et donner corps à des caricatures qui
n’en sont
pas, et ce, avec des mots simples, accessibles à tous, ce
qu’on lui reprocha d’ailleurs, comme on avait
reproché à Marivaux
«d’écrire comme
les gens parlent»....»
Céline Monsarrat
«Rester fidèle à l’esprit des
pièces
et des personnages de Tchekhov. À fleur de peau, ils
semblent
tous sortis de son oeuvre et l’on a parfois la sensation de
voir
l’autre côté du
théâtre de Tchekhov.
Respecter l’esprit, le climat, cette douce lourdeur, cette
pesante légèreté si bien
décrite par
Céline Monsarrat. .»
Francis Azéma
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Un excellent
«Adieu Monsieur Tchekhov»
«Ne tergiversons pas : le Pavé vient de nous
offrir une de
ses plus belles réalisations, et Céline Monsarrat
certainement sa plus belle pièce. La gageure de
«rester
fidèle à l’esprit des pièces
et des
personnages de Tchekhov» est à ce point
dépassée que l’on ne peut
s’empêcher,
devant «Adieu Monsieur Tchekhov», d’y
voir une
confondante identification avec l’œuvre de
l’écrivain russe.
Et nous sommes, bien sûr, à mille lieues
d’un banal
«à la manière
de…». La chose est rare
d’assister à une telle compréhension de
ce
«théâtre d’états
d’âme», de vérité
et
d’émotion, aussi naturellement accessible
à tous,
qu’était, et est encore, le
théâtre de
Tchekhov.
Comme toujours, mais plus encore ici, la mise en scène de
Francis Azéma, faite de respect et de rigueur, souligne et
valorise ce que le texte de Céline Monsarrat produit, sans
en
avoir l’air, d’intensité
émotionnelle. De
Corinne Mariotto et Sylvie Maury à Guillaume Destrem et
Grégory Bourut, les acteurs, tous excellents, ont compris
que
s’approprier Tchekhov interdisait de…
«sur-jouer». Il nous sera difficile
d’oublier ce que
Francis Azéma acteur a su faire passer dans sa remarquable
interprétation du personnage d’Anton Tchekhov. Car
ceci,
justement, n’est plus du jeu, mais la restitution
d’un
climat, d’un ton, d’une manière
d’être,
d’effleurer l’âme, …
«une buée
sur la vitre». L’écrivain,
l’homme surtout,
revit devant nous, tantôt grave, tantôt ironique,
coléreux ou fragile, assumant sa maladie, sa marche vers la
mort
avec l’élégance souriante
d’un discret
désespoir. Son amitié avec Gorki, et les joutes
au
demeurant fraternelles qui les opposent, nous rappellent combien
Tchekhov ressentait les convulsions d’une époque
où
déjà s’annonçait la fin
d’un
monde…
Le découpage de l’œuvre en tableaux
brefs
évite sans doute la pesanteur de la classique progression en
actes, les lumières et le décor ajoutent
à la
simplicité toute tchekhovienne des dialogues une sorte de
«confort» dont le spectateur profite avec
bonheur.»
Gilbert
Baqué, pour les «Nouvelles 31».
photos
de la création : Patrick Moll
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de page
L'âme russe envoûte le Pavé
Tout juste sortis du « Misanthrope », Francis Azéma
et sa compagnie Les Vagabonds partent sillonner de nouveaux rivages
théâtraux. C'est vers des contrées lointaines de
Crimée qu'ils entraînent le spectateur avec « Adieu
Monsieur Tchekhov ». Une pièce contemporaine écrite
par Céline Monsarrat qui relate les dernières
années de vie du dramaturge russe.
« Nous avions vu la pièce en Avignon à sa
création il y a une vingtaine d'années et on
s'était dit qu'on la monterait à Toulouse tellement on
avait été troublés », commente Francis
Azéma qui signe la mise en scène tout en
interprétant le personnage d'Anton Tchekhov. « C'est une
pièce difficile dans laquelle Tchekhov devient le héros
d'une pièce qu'il n'a pas écrite ». Le style
d'écriture, l'exploration des sentiments et l'atmosphère
générale donnent effectivement l'impression d'assister
à une pièce de Tchekhov dans laquelle il se mettrait en
scène. D'autant qu'« Adieu Monsieur Tchekhov » est
un témoignage fidèle sur sa vie, obtenu grâce
à un assemblage de correspondances qu'il entretenait avec ses
proches.
Avec beaucoup de naturel et une grande maîtrise de l'espace
scénique, Corinne Mariotto, Sylvie Maury, Guillaume Destrem et
Grégory Bourut évoluent autour de Francis Azéma
qui nous éclaire sur la personnalité d'Anton Tchekhov.
Des soirées russes poursuivent en musique la
représentation alors que des animations sont aussi menées
conjointement avec la Cité de l'Espace pour
célébrer les cinquante ans du lancement du premier
satellite Spoutnik.
Jusqu'au samedi 20 octobre à 20 h 30, sauf le jeudi à 19
h 30 et le dimanche à 16 h, au Théâtre du
Pavé (34, rue Maran). Tarifs : 9 à 18 €. Tél.
05.62.26.43.66.
Publié le 04 octobre 2007 à 08h55 | Auteur : Jean-Luc Martinez
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