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Les règles
du savoir-vivre de
Jean-Luc Lagarce
©
Editions Les Solitaires Intempestifs
mise en
scène de Francis Azéma

Mise en
scène : Francis Azéma
Interprétation : Corinne Mariotto
Costumes et décors : Noémie Le Tily et Philippe
Lacomblez
Création lumière : Michael Vigier
Dossier de presse
Fiche technique
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«Avant
d’entamer l’affaire matrimoniale, car affaire
c’est,
ne nous cachons pas la vérité des mots, les
intermédiaires sont tenus de prendre des renseignements
précis et venus de bonne source, sur la fortune, la position
sociale, la généalogie et
l’hérédité des deux familles
en cause, car
en cause et pas moins.»
«La mariée signe la première
l’acte de
mariage et ensuite elle passe la plume au marié, qui la
salue,
et lui dit, d’un air heureux, obligatoire, et avec un
sourire,
c’est le moins qu’il puisse faire : «
Merci
Madame.»Il est le premier à lui donner ce titre,
c’est très amusant.»
«Si l’on est riche, on n’oublie pas les
pauvres et
les déshérités, en ce jour de bonheur.
On envoie
aux enfants assistés des dragées et la desserte
de la
table. Si on est pauvre, on ne le fait pas, c’est comme
ça, à cela que cela se distingue.»
«Les prénoms ne doivent pas être choisis
en dehors
de ceux que la loi permet d’employer, ce qui limite
l’ampleur de l’embarras mais les personnes, il en
est, les
personnes dépourvues d’imagination n’ont
qu’à consulter le calendrier, et pallier ainsi
habilement
le vide qui les habite.»
Dès qu’un homme, le parrain futur, est
avisé du
choix que des parents ont fait de lui pour tenir leur enfant sur les
fonts baptismaux, il leur adresse ses remerciements « de
l’honneur qu’ils lui accordent «. (Ou il
part
inopinément en voyage, comme nous l’avons vu.)
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photos de la création
: Patrick Moll
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lire la critique parue sur le Clou dans la planche
article paru dans Intramuros Hebdo :

Critiques du spectacle
«Jouée
au Théâtre du Pavé la semaine
dernière, «Les règles du
savoir-vivre dans la société moderne»
de Jean-Luc Lagarce, nous
entraîne jusqu’au vertige dans les us et coutumes
de la «bonne
société». Une jeune
conférencière (la piquante Corinne Mariotto),
passe
en revue avec classe et feinte
légèreté l’interminable
liste des règles
à respecter dans les principales circonstances de la vie,
accomplissant
ainsi un véritable tour de force.
L’inventaire est si détaillé
qu’on nage vite dans l’absurde, la satire
intrinsèque et le ridicule.
On rit, on sourit, on s’égare à loisir
dans les subtilités
vertigineuses de l’étiquette qui, loin de
n’être qu’un simple code de
politesse, sert à masquer le calcul et le vide abyssal des
coeurs,
dissimulés derrière le masque des convenances.
Corinne Mariotto
fagotée comme une demoiselle d’honneur
complètement décalée, minaude
à
plaisir pour faire passer avec tact l’indigeste
bréviaire, jusqu’au
léger dérapage final qui la fait valser sur
l’air de la Veuve Joyeuse
quand elle évoque la «sortie progressive de
l’état de veuvage». Un
spectacle subtil et réjouissant.»
Annie Hennequin - La
Dépêche du Midi
«La lumière se fait
dévoilant
une mariée, oui mais pas une épousée
ordinaire,
celle-ci est de la «haute», on ne peut
s’y tromper !
Les premiers mots prononcés avec ce petit accent et cette
intonation bien particulière, laissent deviner une
caricature
vivante d’une certaine forme de bourgeoisie, la
sphère des
milieux huppés comme l’on dit.
C’est un personnage passionné, convaincu,
oscillant entre
retenue et emportements qui va nous exposer quelques règles,
des
plus élémentaires, à respecter afin de
ne pas
froisser l’étiquette. De la naissance à
la mort, en
passant en vrac par : le veuvage, les épousailles, la
rencontre
des fiancés, et j’en oublie, les étapes
de la vie
d’un être humain peuvent être une
succession de
moments codifiés, où finalement les hommes
rassurés par ce cadre ne se laissent pas emporter par leurs
sentiments fantasques, et dangereux. Point trop de
spontanéité tout de même !
Sous des airs endimanchés, des mimiques
princières, et un
langage soutenu, dans lequel les mots rivalisent de
précision et
de richesse, se révèle un potentiel humoristique
certain
qui ne tarde pas à se répandre dans la salle.
Le trait quand il est exagéré, ne l’est
que pour
mettre en avant la stupidité des conduites
rigidifiées,
et des existences orchestrées, où le regard des
autres
issus du même milieu prévaut sur tout esprit
d’indépendance.
Le texte de Jean-luc Lagarce est savoureux, acide. Les mots
facétieux et acérés se
répondent,
rebondissent, parfois murmurés, parfois projetés,
prenant
le public à partie pour s’assurer de son
écoute
attentive. Ils décrivent minutieusement les situations, les
interactions, avec une verve drolatique et parfois cruelle «
Les
prénoms ne doivent pas être choisis en dehors de
ceux que
la loi permet d’employer, ce qui limite l’ampleur
de
l’embarras mais les personnes, il en est, les personnes
dépourvues d’imagination n’ont
qu’à
consulter le calendrier, et pallier ainsi habilement le vide qui les
habite »
La mise en scène sobre et juste de Francis Azéma
place le
personnage au premier plan, seul éclairé dans la
pénombre de la salle, il n’en est que plus
délectable à observer !
Corinne Mariotto incarne avec passion, conviction, une bonne dose
d’entrain et d’humour ce rôle. Elle
l’habite
avec une présence certaine, et concourt à un des
effets
les plus drôles de la pièce alternant
allègrement
airs pincés et moments de quasi
frénésie.
Une plongée dans l’univers de Jean-luc Lagarce,
metteur en
scène, acteur, auteur, éditeur, prolixe,
décédé en 1995 laissant
derrière lui une
œuvre immense avec un vrai retour au texte
Anne Clausse
www.revue-spectacle.com
octobre
2005
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